Elle était une fois Une ptite mère nullipare, née nue, but not too far Une gone, une goonie, mi-nulle, miss-tard Une féeluronne, une lumignonne, une tête de lard, qui en avait Marre Marre des costards, marre des chauffards, marre des dollars Marre de la Grise, du bon goût, des bougons, de l’obligatoire Mais qu’est ce qu’elle fabriquait ? Elle voulait jeter des paillettes dans la mare Planter des orque-idées dans la pataugeoire Démêler des fils d’arcs en miel et les embobiner Réconcilier des vieux boutons de bois mal lunés Modeler des nuages de rêves, les faire clignoter, peloter ses mots en bobines colorées Puis compter ses bidules framboise sur ses dix doigts inspirés, dans des voiles de pensées, les emballer S’allonger dans un jardin de perles, pieds nus dans les herbes étoilées, et les regarder décoller … Elles iraient dret dans l’pentu, par dessus les sommets, marabouter Semer des pois aux yeux, du pomme aux joues, du ciel au nez Graines de sorts, billes de lumière, plumes de cerisiers, bulles de minots, lanternes magiques, cœurs d’oranger Lunes de jasmin, pépins d’épices et barbes à thé, Barbapapis, trésors poilus et bouts d’été Jolie-berée, bornée, mais enchantée de vous rencontrer... La Mare à boutons d’or était née … |